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ASSOCIATION GEORGIENNE EN FRANCE 

LEUVILLE


                                  Proposé par Luc et Mirian Méloua. infosbrevesFG@wanadoo.fr


  Leuville-sur-Orge et la Géorgie, une histoire commune.

 

La première rencontre entre les Géorgiens et l’Ile-de-France se déroule en mars 1714 à Versailles où Louis XIV reçoit Soulkan Saba Orbéliani, ambassadeur du roi Vakhtang VI et d’un royaume chrétien vieux de treize siècles ; des relations diplomatiques s’engagent.

C’est en 1814 que la Seine et Oise accueille un Géorgien singulier ; le cheikh du Caire confie à Napoléon lors de la campagne d’Egypte une ordonnance attentionnée et discrète, le Mamelouk Roustan d’origine géorgienne. Il accompagnera l’Empereur jusqu’à son exil à l’île d’Elbe avant de s’installer et de mourir à Dourdan.

L’histoire continue au début du XXéme siècle à Sainte-Geneviève-des-Bois lorsque quelques Géorgiens du nom de Dadiani, Eristavi, Vatchnadzé se mêlent aux aristocrates russes désireux de fuir leur pays en peine ébullition : ils reposent aujourd’hui dans le cimetière orthodoxe.

 

 

Fête de famille à Tiflis, peinte par Pirosmani au début du XXéme siècle.

Après les révolutions de février et d’octobre 1917 à Petrograd, la Géorgie restaure son indépendance : la 1ère République de Géorgie est proclamée le 26 mai 1918 par Noé Jordania. Pourtant la Russie soviétique ne tolère pas cet acte de liberté et envahit son voisin, contraignant le Parlement géorgien à voter l’exil des dirigeants afin de continuer le combat.

Une résidence d’exil.

En 1922, Leuville-sur-Orge accueille présidents et ministres sociaux-démocrates majoritaires, chefs de file de l’opposition, avec en particulier Nicolas Cheidzé (président du Parlement, ayant rang de chef d’Etat), Evguéni Guéguétjkori (ministre des affaires étrangères du 3éme gouvernement), Noé Jordania (président des 2ème et 3ème gouvernements , ayant rang de chef d’Etat), Konstantiné Kandélaki (ministre des finances), Samson Pirtskhalava (chef de file des sociaux-fédéraux), Noé Ramichvili (président du 1er   gouvernement d’union nationale), Ekvtimé Takhaïchvili (chef de file des nationaux-démocrates), Akaki Tchkhenkéli (ministre des affaires étrangères du 1er gouvernement).

 

La résidence d’exil de la Ière République est connue sous le nom de « château des Géorgiens »; son entrée est située 10 rue Jules Ferry.

 

Le pavillon de chasse de l’ancien château (démoli en 1751 par le duc de Noailles) est acquis à l’aide des fonds publics géorgiens. Il devient propriété d’une Société Civile Immobilière réunissant les dirigeants de la majorité et de l’opposition. Un Foyer, association animée par les habitants de la résidence, la gère au quotidien. En 2005, le processus de retour de propriété à l’Etat géorgien était engagé entre la S.C.I. et les représentants des autorités géorgiennes en France selon le testament moral initialement établi.

En 1924, une troisième émigration politique vers la France suit l’insurrection nationale géorgienne. Quelques insurgés échappent à la mort, ou à la déportation, et se réfugient à Leuville-sur-Orge. 

1929 : mariage au château des Géorgiens. Ilia Takhaïchvili épouse Tamara Kakhéladzé.

 

L’accueil de la population leuvilloise est fraternel vis-à-vis d’émigrés politiques qui ne rechignent pas au travail de la terre, quelles que soient leurs origines sociales. En 2002, Eka Khamkhadzé en témoigne dans son mémoire « Les Géorgiens de Leuville ».

 

La deuxième guerre mondiale entraîne une nouvelle vague d’émigration géorgienne, celle des soldats enrôlés dans l’armée Rouge, prisonniers des Allemands et à nouveau enrôlés dans une armée étrangère, l’armée allemande. Six cents d’entre eux rejoignent la résistance française en Corrèze, en Dordogne et dans le Tarn. Après la libération de la France, certains s’installent à Leuville-sur-Orge.

 

Le Lieutenant-Colonel Dimitri Amilakvari (1906-1942), Prince des Légionnaires, St Cyrien. Il est mortellement blessé à la bataille d’El-Alamein.

 

Progressivement, les Géorgiens s’intègrent et se francisent, sans oublier leur pays d’origine.

 

Une communauté chrétienne orthodoxe.

Dans les années soixante, le recteur de la paroisse chrétienne orthodoxe géorgienne Sainte Nino à Paris, le père Mélia, et le prêtre de la paroisse catholique Saint Jean-Baptiste de Leuville-sur-Orge, le père Dacier, nouent des liens œcuméniques. L’église catholique de la commune est mise à disposition de l’Association Cultuelle Sainte Nino : des cérémonies orthodoxes y sont célébrées, associant parfois les deux liturgies.

La paroisse orthodoxe Sainte Nino de Paris fit don à l’église catholique Saint Jean-Baptiste de Leuville-sur-Orge d’une icône provenant de Mtskhéta, capitale historique et chrétienne de la Géorgie.

 

L’église Saint Jean-Baptiste de Leuville-sur-Orge édifiée au XIIIéme siècle.

 

Depuis cette époque, le Foyer géorgien met le parc de la résidence géorgienne d’exil à la disposition de l’association paroissiale catholique Saint Jean Baptiste de Leuville-sur-Orge pour sa fête annuelle, « la Fête des Cerises ».

Le groupe IRINOLA donna deux concerts de polyphonie géorgienne lors de la 1ère journée franco-géorgienne de novembre 2003 et lors de la Fête des Cerises de juin 2004.


Le cimetière communal et son carré géorgien.

La totalité des émigrations politiques géorgiennes en France ne dépassa pas quelques milliers de personnes dont une centaine se fixe un temps à Leuville-sur-Orge, immigration importante pour un village qui ne comportait que 400 âmes en 1922. En 1956, l’Association Géorgienne en France fait don à la commune d’une parcelle de terrain attenante au cimetière. Ainsi se constitue un « carré géorgien » dans lequel reposent près de 500 Géorgiens, conjoints ou descendants de Géorgiens de nationalité française. Le 3 mars 2005, Georges Lomadzé, l’un des derniers survivants des premières émigrations, insurgé à Tbilissi en 1924 contre l’occupation de l’armée Rouge et insurgé à Paris en 1944 contre celle de l’armée allemande, y est inhumé à l’âge de 97 ans.



Ossuaire rappelant au souvenir les exilés politiques géorgiens morts dans différents pays du monde : le cimetière et son carré géorgien sont situés rue du 8 mai 1945.

 

Les présidents successifs de la République de Géorgie vinrent s’y recueillirent lors de leur visite en France, Edouard Chévardnadzé en 1997 et Mikhaïl Saakachvili en 2004, accompagnés des autorités municipales.

Géorgiens de Géorgie et d’ailleurs, Géorgiens de Leuville, Leuvillois.

Génération après génération, les écoles de Leuville-sur-Orge, Linas, Montlhéry, Saint- Germain-lès-Arpajon et Brétigny-sur-Orge accueillirent les enfants Akkhvlédiani, Bérichvili, Charabidzé, Cheidzé, Datiachvili, Kakhéladzé, Kavtaradzé, Kéréssélidzé, Labadzé, Liadzé, Mardjanidzé, Méloua, Ramichvili, Sébiskvéradzé, Takhaïchvili, Tchkhraïdzé et Titvinidzé entre autres, sans oublier les enfants Davrichachvili, Guélachvili, Naskidachvili et Tzéréthéli pour d’autres communes du département. Les registres des écoles secondaires d’Arpajon, des lycées de Dourdan et de Savigny-sur-Orge portent encore ces noms difficiles à prononcer. 

Mlle Guyot, Reine du Carnaval de Leuville en 1923, en compagnie de ses dauphines Mlles Godefroy et Nion, et de l’ancien maire de Tiflis, Bénia Tchkhikvichvili.


Aujourd’hui les descendants des émigrés politiques géorgiens possèdent la nationalité française et sont intégrés à leur pays de naissance, loin de Leuville-sur-Orge à quelques exceptions près. Ils témoignent d’un devoir de mémoire vis-à-vis de cette commune et de l’amitié franco-géorgienne qui y est née.

Tbilissi (anciennement Tiflis), capitale de la Géorgie, aujourd’hui.

 

Les quatre millions de Géorgiens de Géorgie et le million d’entre eux qui ont émigré depuis une dizaine d’années pour raisons économiques connaissent tous « Lévili », mythe de la résistance nationale.

 

La nouvelle population leuvilloise apprendra avec étonnement que leur commune est ainsi renommée de par le monde. 

Le groupe SIMI, venu de Tbilissi, donna un concert à Leuville-sur-Orge en novembre 2002 (NS Organisation).

 

La charte signée par la Commission municipale de la Culture et le département de l’Essonne, a permis de « retrouver » la culture géorgienne à Leuville-sur-Orge.


Le 13 novembre 2004, elle s’exprima d’une façon inattendue par un concert donné Salle Florence-Leblond : vingt-huit choristes leuvillois n’hésitèrent pas à interpréter des chants polyphoniques géorgiens après quelques heures d’initiation, en présence de Son Excellence l’Ambassadrice de Géorgie en France et de deux cents spectateurs ! 

 Les manifestations organisées en 2005 par l’Ecole de Musique, la Bibliothèque, l’Ecole élémentaire du Parc, le Service Jeunesse illustrent cette volonté.

Elle s’exprima également en novembre 2005 avec la 3éme journée franco-géorgienne sur le thème du tourisme en Géorgie.

Dialogue entre le président géorgien Mikhaïl Saakachvili et Daniel Esprin, maire de Leuville-sur-Orge, en présence du père Artchil Davrichachvili, recteur de la paroisse Sainte- Nino, le 8 mars 2004.

 

Entre les quatre mille habitants de Leuville-sur-Orge et les communautés géorgiennes, l’histoire est bien vivante !

 


-Textes et photographies extraits du livret réalisé par la municipalité de Leuville-sur-Orge, avec le concours du département de l’Essonne (septembre 2005)-


 

 

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